Photo&poésie 2 – Le livre

Assis toi
Prends ce temps
Pour toi

Quand le livre est un guide

Ouvre moi
Caresse chacun de mes mots
Pour toi

Quand le livre est un chemin

Enivre toi
Prend soin de ces émotions
Pour toi

Quand le livre pose un choix

Être
Être là
Ressentir
Ressentir cette joie
La recevoir
Et la partager


Photo : Héloïse Fournier

20 ans

20 ans
Que j’ai 20 ans
Que tu n’es plus
Que je cris
Que tu n’es plus
Que je continues
Que tu n’es plus

Vaincre vingt creux
Autant d’espaces vide
Vie de vide
Vide de vie

A chaque pas un souffle
A chaque souffle un battement

20 ans
Autant
Vécus avec toi
Vécus sans toi
Autant
À oublier
À se souvenir

Vaincre vingt creux
Autant, déjà, trop
Trop peu, assez
Pas assez, encore

A chaque maux une pensée
A chaque pensée un mot

20 ans
Que j’écris
Que tu n’écris plus
Que je suis
Que tu étais
Que je vais
Que tu t’en es allé

Vaincre vingt creux
Et tant à venir
Coeur qui vibre
Corps qui vit

A chaque souffle un pas
A chaque pas un pas en avant

Exposition Hope show et bonus – 27 août 2022

Ayant une amie de passage à Paris pendant quelques jours, j’organise en cette belle journée ensoleillée une virée Street art dans le 13e. Une occasion de passer au Lavomatik pour voir l’expo de Raf Urban et de bifurquer pour voir le Spot 13 juste à côté. Un chemin de partage pour les amateurs•trices de belles

Pour moi, c’est un mélange entre rendez-vous en terre connue et inconnue. C’est vrai que j’y suis passé, repassé, que j’en ai vu des expositions au Lavomatik, Galerie Itinerrance, Mathgoth. Une époque où j’avais du temps (et où je le prenais) pour rencontrer des artistes, les interviewer et tisser des liens entre eux•elles et vous. Des lieux où les murs racontent une histoire, vibrent à coup de bombes.

A chaque fois, ce sont les mêmes lieux et pourtant le décor a été changé. À chaque fois, c’est avec curiosité que je viens découvrir des nouveaux artistes, en me disant que j’en ai déjà vu beaucoup et pourtant je suis toujours surpris. Il y a de quoi se faire plaisir, de quoi voyager.

L’univers de Raf Urban est saisissant. Cela fonctionne aussi bien sur plaques métalliques sur vinyles que sur des morceaux de bois. Les regards sont pour beaucoup sur le côté, à regarder ailleurs. Cela invite à rêver. A quoi pense-t-il•elle? Qu’est ce qu’il•elle regardait?
La technique au pochoir joue sur des nuances du beige, marron, noir sur lesquelles viennent parfois des bleus tranchant. Que ce soit des personnes connues (Lauryn Hill, Sade, Donna Summer, Muhammad Ali, Vandana Shiva,…) ou inconnues, il se dégage à la fois une douceur et une force, à la fois un quiétude et un me énergie de vie.

Je vous invite vivement à faire un tour au Lavomatik d’ici le 9 septembre pour admirer cette expo et en profiter pour passer au Spot 13.

Car voilà la 2ème étape de notre samedi après-midi. Il suffit de descendre quelques marches et commence un lieu atypique. Tous les moindres recoins, les différents murs, les espaces en chantier sont utilisés. Cela donne de la couleur au béton. Plusieurs salles sont accessible sous le pont. Il faut ensuite s’aventurer après la boutique Emmaüs, aller au bout de la rue pour voir en face cet immense terrain de jeu. A ne pas rater, un premier spot se trouve à gauche, à l’arrière du bâtiment que vous venez de longer avec plusieurs fresques. Le second couvre, comme vous le voyez, tout le dessous du périphérique. Sur les piliers, les murs, les bouches d’égout, rien n’est épargné. Il y a de tout, du graffiti, du street art, du pochoir, du dessin, des œuvres oniriques, d’autres réalistes. Bref il faut facilement prendre 1h30 pour faire le tour et voir les oeuvres de : Adey, Akelo, Atomist, Kafé Korsé, Caligr, Claks One, Crey 132, Docteur Bergman, Elgee, EZP, Graff Rige, Jérôme Mesnager, Louyz, Mathieu_1976, M’sieu Bonheur, Mosko & associés, Ms Béja, One Pesca, Patrick Appere, Raf Urban,…

Chacun·e

Je ressens ce manque
Tu aurais eu 40 ans
Il pense à toi
Elle aussi
Nous nous souvenons
Vous ne l’avez pas connu
Ils n’en sauront peut être rien
Elles auront un bout de cette histoire

Je m’imagine parfois à tes côtés
Tu n’es plus là
Il ne peut oublier
Elle non plus
Nous serons à jamais
Vous avez assisté à ce drame
Ils ont fait au mieux avec tout ça
Elles n’avaient pas assez de mots pour pleurer

Je continuerai à vivre intensément
Tu l’aurais fait également
Il parle de toi
Elle fait de même
Nous ne pouvons qu’imaginer
Vous ne comprendrez jamais vraiment
Ils finiront par retrouver le sourire d’avant
Elles seront bien entourées et pourront se reconstruire

Je ne me rappelle que de certains choses
Tu me dirais que c’est ainsi
Il t’aime tant
Elle aussi
Nous avançons
Vous nous aidez sans le savoir
Ils accompagnerons simplement, sans juger
Elles permettront de gagner doucement en sérénité

Exposition Frères d’art – 1er octobre 2019

Je reprends l’envie / le temps d’écrire dans mon blog.
Je n’ai jamais cessé d’y penser / de vouloir continuer.
La vie a mis des obstacles / des réjouissances sur mon chemin.
Il a fallu prendre de la distance / du temps pour mieux revenir aujourd’hui.
M’accorder aussi que je ne dois pas produire / que j’ai à me faire plaisir.

Voilà donc un article qui aurait du sortir en octobre 2019 et qui était resté à l’état de brouillon pendant tous ces mois. Le reprendre, c’est accepter que tout ne s’est pas passé de façon linéaire. Le travailler, c’est reconnaitre que l’univers des Frères d’art m’a plu, m’a touché et qu’il mérite vraiment d’être partagés. Le publier, c’est réaliser qu’il est important de ne pas le mettre aux oubliettes.

C’est au LavoMatik que j’ai eu la chance de découvrir leurs oeuvres. Intenses et subtiles, colorées et poétiques. J’ai été hypnotisé par le regard de cette fille. Elle me disait tant de choses, elle pointait vers moi toute son humanité. Le choix des supports avec du bois, de la taule est très pertinent et vient sublimer les personnages. Comme si elles/ils étaient en mouvement, comme s’il y avait une histoire cachée à découvrir, comme si les œuvres avaient passé l’épreuve du temps.  Le travail des Frères d’art est également intéressant car ils utilisent le relief, la 3D. Cela crée une profondeur dans certaines œuvres et leur permet de sortir du cadre, d’aller au delà. Cela vient appuyer encore plus la vitalité des personnes.

Peut-être qu’ils referont leur apparition au LavoMatik un de ces jours. Je l’espère. En tout cas, vous pouvez en profiter par ici.

Exposition Rémi Cierco – 13 mars 2021

Il y a une semaine, je prenais du temps pour moi. Déjà pour me faire du bien avec une séance d’ostéopathie à la Clinique de Nanterre. 1h entre les mains d’un élève ostéopathe pour remettre en ordre de marche mon corps. Se laisser aller et accepter les mouvements. Se détendre et prendre soin de soin. Important en cette période.

Puis sur le chemin du retour, je me suis offert une virée dans le 13ème. Pour le plaisir des yeux. Direction le LavoMatik. A l’heure où j’y étais, j’avais la galerie rien que pour moi. Alors pour profiter de cette expo solo de Rémi Cierco, c’était parfait. Que de couleurs. Que de joie. Un côté espiègle. Mais de là à dire enfantin, il ne faut pas pousser. Les dessins sont très travaillés et cachent une vraie poésie. Cela fait du bien. Un univers vif, rêveur, où chaque oeuvre est une histoire à (se) raconter.

Faire briller la lumière

Ne pas :

  • faire aux autres ce que l’on ne voudrait pas qu’elles/ils nous fassent. 
  • Parler pour blesser, par haine, par méconnaissance
  • Prendre personnellement la parole des autres
  • Juger avant de comprendre (comprendre ne veut pas dire excuser, ni justifier ce qui a été fait, dit)
  • Prétendre détenir la vérité
  • Se satisfaire de l’à-peu-près
  • En vouloir à l’autre à priori
  • Être motivé•e par la domination, le pouvoir
  • Avoir peur de l’autre avant de le connaitre
  • Agir sans réfléchir et réfléchir sans agir
  • Attaquer l’autre sur ce qu’elle/il est mais bien sur ce qu’elle/il pense. 
  • Humilier l’autre

Être :

  • attentif•ive à soi et aux autres
  • bienveillant•e envers soi et les autres
  • respectueux•euse 
  • curieux•euse
  • ouvert•e d’esprit
  • à l’écoute de soi et des autres, de son bien être et celui des autres
  • en capacité de dire (ses émotions, ses idées, ses réflexions, ses besoins, ses attentes,…) et de permettre à l’autre d’en faire de même, 
  • en capacité de se remettre en question, de se mettre en mode recherche-action et d’accorder à l’autre d’en faire autant 
  • en capacité d’écouter, d’entendre la parole de l’autre et de demander à l’autre de garantir la même chose
  • prêt•e à se surprendre, à être surpris•e par les autres et à surprendre les autres
  • prêt•e à reconnaitre ses erreurs, ses torts et ouvrir un espace dans lequel l’autre peut en faire autant
  • cohérent•e
  • vigilant•e à ce qui se passe autour de soi

Au final :

  • oeuvrer pour faire que notre monde soit plus juste, plus résilient, plus symbiotique, plus écologique, plus durable, tourné vers le bonheur, la paix, les communs, le partage. 
  • leur offrir le meilleur de nous pour qu’en retour elles/ils nous offrent le meilleur d’elles/d’eux.
  • faire briller notre lumière et celle des autres. 

Là.
Tu es là.
En moi.
Dans les souvenirs.
Dans les mots.
Dans les gestes.

Là.
Nous sommes là.
Réunis.
Par les souvenirs.
Par les mots.
Par les gestes.

Là.
Entre deux espaces.
Entre deux temps.
Entre deux esprits.

Là.
Entre deux états.
Entre deux eaux.
Entre deux rires.

Là.
Te laisser passer.
Me laisser aller.
Nous accorder du temps.

Là.
Te permettre d’aller.
Me permettre de passer.
Nous dire à bientôt.

Précieuse vie

Pour moi
Une vie qui s’éteint
Une précieuse
Une qui m’importe

Pour d’autres, d’autres vies
Qui s’éteignent
Qui doivent être précieuses
Qui importent

Alors…

Que faisons nous de notre vie?
Comment la rendre utile?
Comment tourner l’énergie vers le positif?
Comment lui donner du sens?
Comment faire en sorte qu’elle soit à minima agréable et utile pour soi sans qu’elle soit malveillante pour d’autres?
Comment en plus la rendre agréable et utile pour les autres, les respecter, leur laisser la possibilité de vivre heureux tant qu’elles/ils respectent les lois?
Comment partager sincèrement les solutions qui existent plutôt que de les garder pour soi?
Comment éveiller à l’esprit critique, permettre le débat apaisé, favoriser le vivre ensemble?

Comment ne pas faire de mal autour de soi, car nous sommes tou•te•s interdépendant•e•s?
Comment ne pas tourner autour du pot et faire prendre conscience de la réalité du changement climatique, de la nécessité de se transformer radicalement?
Comment ne pas provoquer une perte de sens à diffuser des fausses informations, des rumeurs, des incitations à la haine?
Comment ne pas faire pour que la peur de l’autre, ses différences nourrissent les tensions inter-communautaires, inter-nationales?
Comment ne pas vouloir partager ce qui a été privatisé de force, sans s’approprier les communs (eau, terre,…), sans surexploiter les ressources de notre planète?
Comment ne pas se réveiller face à l’urgence?

Et enfin, comment ne pas se rendre compte que nos vies sont précieuses et qu’elles méritent d’être tournées vers l’amour, la paix, la joie, le partage, le respect?

Que voulons nous?

Après la crise des subprimes,
Après le mouvement « nous sommes les 99% »,
Après les gilets jaunes,
Après la convention citoyenne pour le climat,
Après la crise de la Covid19,
Après le mouvement « black lives matter »,
Après les tensions sociales qui ont secoué les quartiers populaires,
Après les attentats, les tragédies, les drames qui font basculer un groupe, un territoire dans la tristesse,

Avec des émissions spécialisées pour démêler le vrai du faux, pour apporter des informations étayées, pour révéler les scandales financiers,
Avec des médias d’investigation qui creusent, enquêtent, documentent, pointent les dysfonctionnements,
Avec des groupes facebook de cybermilitant•e•s qui agissent face aux violences et haines en ligne,
Avec les différents canaux d’informations que nous avons, les capacités d’échanger, de débattre, de communiquer,
Avec les livres de qualité qui expliquent les crises actuelles, que proposent des idées, des pistes, qui mettent en perspectives les choses,
Avec les moyens de communication que nous avons, qui rapprochent des espaces éloignés, qui permettent de se relier au monde,
Avec des philosophes, économistes, chercheur•e•s qui proposent des solutions viables, soutenables,

Pourquoi n’y arrivons nous pas ?
Pourquoi continuons nous à nous déchirer?
Pourquoi parfois rejetons nous les autres sans chercher à les comprendre, sans les connaitre?
Pourquoi parfois sommes-nous persuadé d’avoir raison?

Pourquoi n’y arrivons nous pas :
A envisager un avenir collectif, juste, apaisé, serein, bienveillant,
A se satisfaire de ce que nous avons,
A oser les jours heureux
A réagir à notre échelle,
A changer les choses, nos modes de consommation, nos modes de production,
A partager les richesses,
A partager les connaissances sincèrement,
A recréer des communs,

Quand apprendrons-nous vraiment du passé?
Quand oserons-nous dépasser les clivages, les frontières, les barrières visibles et invisible pour bien vivre ensemble?
Quand aurons nous confiance?
Quand ferons nous petit pas, petit pas notre révolution?
Quand transcenderons nous les choses, au delà des parties politiques, pour se mettre d’accord sur un programme social, écologique, économique, à minima?
Quand prendrons nous la mesure des défis que nous avons à relever?

Alors dans cet intérêt commun, dans cette destinée commune, il est temps de penser plus largement, d’ouvrir le champ des possibles, d’apprendre de nos erreurs, de se mettre à l’action, de se dépasser, d’aller vers les autres, de poser les pierres de ce que nous voulons pour notre futur.

Face à ceci, il y a cela !

Face :
à l’incertitude,
au flou,
à l’inconstance,
à l’incohérence,
à nous même,
à nos choix,
à nos doutes,
à l’autre,
à notre passé,
à notre résignation,
à notre stupéfaction,
à notre impuissance,
à nos peurs,
à nos contradictions,
à l’irrespect,

Il y a :
notre souffle de vie,
notre volonté d’agir,
notre envie d’être heureux•euse,
notre reliance,
notre détermination,
le nombre que nous sommes,
notre interdépendance,
l’intelligence collective,
notre créativité,
notre champ des possibles à réinventer,
la richesse et la beauté de nos différences,
la simplicité et la force de nos similitudes,
l’amour, le fait d’être aimé et d’aimer,
notre capacité de faire ensemble,
la poésie, les arts, les cultures, les jeux, les surprises, les langues, les repas partagés, les sourires,
notre humanité.

Il est et sera question…

Il n’est pas seulement question :
– d’applaudir de nouveau à 20:00
– de porter un masque en présence d’autres personnes
– de se résigner à être confiné•e
– de décider de partir pour le prochain mois hors de Paris
– de prévoir quel nombre de morts liés à la covid-19 nous atteindrons
– de nous plaindre
– de pointer du doigt un tel ou une telle
– d’estimer faire largement sa part
– d’espérer

Il est et sera question :
– de choisir ce que nous voulons et ce que nous ne voulons plus
– de reconnaitre notre interdépendance
– de voir cette destinée commune qui se dessine devant nous et sur laquelle nous pouvons agir
– de redéfinir nos modes de production
– de partager différemment les richesses créées- de nous relier, nous rapprocher davantage
– de rallumer notre humanité, cette flamme dans laquelle nous sommes uni•e•s à chaque nouvelle tempête
– de construire notre avenir commun, sur cette unique planète en additionnant nos talents plutôt qu’en soustrayant des personnes de l’équation, en multipliant nos chances de nous en sortir plutôt qu’en divisant
– de faire tomber les barrières réelles ou fictives entre nous et les autres- de cesser de tuer au nom d’une idée, d’un dogme, d’une religion
– de diffuser des messages d’amour et de paix plutôt que de haine et de vengeance.
– d’agir individuellement et collectivement pour changer et créer un avenir apaisé, plus juste, plus résilient, une économie symbiotique, des relations riches entre tou•te•s
– de partager plutôt que de garder pour soi
– de collaborer pour (re)créer des communs et les placer au centre de nos vies
– de ne plus attendre et d’agir- de se raconter des nouveaux récits d’un futur réjouissant pour tou•te•s et de tout faire pour participer à le concrétiser

Ceci ou cela 2

Repartir en arrière? Ou aller de l’avant?
Tourner en rond? Ou en spirale?
Se resigner? Ou transformer et oser?
Etre impatient•e? Ou gagner en sérénité?
Se renfermer sur soi? Ou être attentif•ive aux autres?
Se pétrifier? Ou s’affranchir et agir?
Attendre? Ou proposer et créer?

Comment faire?

Comment réunir les énergies pour créer des communs?
Comment réunir les gens pour faire ensemble?
Comment partager les choses sincèrement pour construire du savoir?
Comment se relier aux un•e•s et aux autres pour faire archipel?
Comment voir les acteurs/actrices de l’éducation à l’environnement, leurs connexions, les relations, les échelles d’intervention, les territoires d’action?
Comment être ensemble sans se marcher sur les pieds, sans risquer de se mettre en concurrence?
Comment s’appuyer sur les personnes – connecteurs, celles qui peuvent rassembler, sans les épuiser?
Comment être côte à côte, collaborer, ambitieux•ieuses, cohérent•e•s, encore plus fort•e•s ensemble?

Faut-il…?

Faut-il :
Se soulever?
Faire société?
Faire mieux société?
Donner du sens?
Se respecter?
Se respecter dans notre différence?
Se reconnaitre dans notre humanité?
Faire un pas vers l’autre? vers soi?
S’accorder d’être surpris.e?
Se réjouir des belles choses? de ce qui nous rapproche fondamentalement?

Cela ne veut pas dire :
Être toujours d’accord
Que nous ne pouvons être touché par le sort de l’autre
Oublier notre interdépendance
Que nous sommes meilleurs que l’autre
Faire semblant
Que nous n’avons pas besoin des autres
Avoir toujours raison
Que nous ne partageons pas un même chemin vers le bonheur

Alors?

Être militant…

Être militant?
Faire de la politique?
Défendre un certain modèle de société résiliente, respectueuse des êtres vivants, de la nature, de l’autre?
Agir?
Transformer les choses?
Mettre en cohérence ses actes avec ses valeurs, gagner en cohérence?
Travailler ensemble?
Se montrer les un•e•s à côté des autres?
Mutualiser plus, porter entre plusieurs structures des emplois, partager sincèrement?

Ceci ou cela

Faut-il attendre que le changement arrive ou l’impulser?
Faut-il espérer un sursaut citoyen ou tout faire pour le susciter?
Faut-il se faire entendre et crier le plus fort?
Faut-il se faire remarquer et provoquer?
Faut-il se contenter des miettes?
Faut-il aller chercher les financements là où ils se trouvent quitte à en perdre son éthique?
Faut-il dire qu’il y a des acteurs déjà présents pour accompagner ce changement, cette transition ?
Faut-il revendiquer qu’une partie de cet argent, de ce plan de relance doit être fléché pour des structures déjà engagées et qui remplissent pleinement leur rôle?
Que faut-il faire pour capter ces euros?

L’écologie, une priorité?

L’écologie, une priorité?
Le changement climatique, une urgence?
Qu’en est-il de financer des réseaux d’éducation à l’environnement pour capitaliser, mutualiser, faire avancer ces sujets, créer du commun?
Qu’en est-il de mettre de l’argent pour structurer, pour mailler davantage, pour connecter encore mieux les structures?
Qu’en est-il de soutenir celles et ceux qui œuvrent depuis des années pour sensibiliser, pour éduquer, pour accompagner, pour comprendre notre environnement, notre lien à la nature?

Exposition Promenons-nous dans les bois – 20 septembre 2020

L’occasion était trop belle dimanche dernier de s’arrêter et passer au Cabinet d’Amateur. Occasion de revenir sur ce quartier que j’apprécie, de revoir Patrick après des mois (ou devrais je dire une crise sanitaire plus tard) et de découvrir le travail foisonnant d’Ardif. Après avoir brunché au Café d’Albert, nous descendons la rue de Charonne puis gauche rue de la forge royale. 

Sur papier, bois et toile, les être non humains (comme dirait un entomologue que je connais) prennent vie, entre bestialité et mécanisme, entre fragilité et urbanisme. Un monde combiné qui invite à regarder de près, encore plus près tant les détails sont riches et captivant. Une imbrication subtile comme si la ville devenait squelette, comme si les murs devenaient des écailles. 

De loin cela pourrait presque passer pour un effet entre une partie en couleur et une autre en noir et blanc. La chenille semble poursuivre son chemin sans être déranger par les spectateurs. La chouette au regard pénétrant. La renarde et son petit comme pris en photo, après être resté caché, à l’affut pendant des heures pour obtenir ce cliché. 

Chaque être, humain et non humain, est à la fois unique, singulier et multiple, ressemblant. Là où le travail d’Ardif rejoint ma pensée c’est qu’il arrive à individualiser cette libellule, ce rongeur, qui s’extrait du groupe que l’on imagine homogène. C’est également la mécanique interne, ces rouages qui composent une partie du cerf, de cet oiseau qui rappelle que la vie est complexe, foisonnante. 

Une belle exposition que vous ne pourrez malheureusement voir que sur internet. Maintenant si vous flânez dans les rues autour du Cabinet d’Amateur, vous tomberez peut-être sur des oeuvres…

Exposition Amour – 6 septembre 2020

Il est 14h10. La Galerie Mathgoth a ouvert ses portes. Je suis seul. Mathilde range des œuvres. Je profites de ce calme pour observer chaque œuvre et me laisser embarquer dans l’univers de Mademoiselle Maurice. Que de couleur, que d’originalité. Trois thématiques sont proposées : d’une part une déclinaison du mot « amour » dans plusieurs langues, un voyage autour du monde, un mot qui unit et réunit; d’autre part un travail étonnant de dessin, au crayon blanc, ultra-réaliste; enfin une collection d’êtres vivants non humains (insectes, oiseaux).

Ce que je trouve fascinant dans son travail, c’est que la forme peut paraître simple mais derrière cela cache une vraie complexité. L’origami est une recherche de simplicité et de perfection. Reproduire la même forme, de plus en plus petite. Multiplier ce modèle dans des couleurs différentes. Révéler un mot. AMOUR. Comme un cri, comme un unisson. Un mot qui nous relie tou.te.s, au delà des frontières. Un mot que nous partageons, au delà des langues.

J’ai déjà eu l’occasion de voir son travail dans plusieurs expositions ici à Mathgoth Libertad en 2018, Rainbow Mutant Nation en 2016 mais également de l’observer en action pendant le festival La voie est libre en 2015. A chaque fois, c’est magnifique. Une poés’origami. Voilà que j’en invente un mot pour décrire le travail de Mademoiselle Maurice. A contempler sans modération. Mais courrez y vite, l’expo est jusqu’au 12 septembre.

Balade dans le 13ème et 20ème – 6 septembre 2020

Je commence trop d’article en disant « j’ai enfin pris le temps de… ». Et ce temps que je choisis de m’accorder, de consacrer au Street art, à me balader, à découvrir la ville, je me dois en cette rentrée de septembre de me le garantir. Il me fait tant de bien. Il me connecte avec cette partie de moi qui a envie d’interviewer des artistes, de couvrir des festivals de Street art dans le monde entier, de flâner sans itinéraire précis.

Ce mercredi, j’ai pris le temps. Deux zones de Paris comme terrain d’exploration : le 13ème autour du métro BNF et le 20ème autour de la Rue de la Chine. Après avoir fait quelques achats au Leroy Merlin d’Ivry pour mon appartement (notamment pour des cadres photos), je remonte en direction de l’Avenue de France. J’ai largement le temps de déjeuner avant que les galeries ouvrent. J’hésite. Où manger? Je me souviens d’une boutique, une boucherie qui de souvenir fait aussi restaurant. Je teste donc ce midi Le Persillé et me fait un délicieux hamburger – frites.

En sortant, je fais un tour du quartier. L’architecture est surprenante. Chaque bâtiment rivalise avec son voisin, dans les couleurs, le design, les formes. Je passe aux Frigos et découvre un œuvre sublime de Monsieur Setho. Le lieu est quasi désert quand je passe. A l’intérieur, une vie foisonnante. A l’extérieur, des murs où tout le monde peut s’essayer. Je m’arrête à la Galerie Mathgoth pour commencer avec l’exposition amour de Mademoiselle Maurice puis pousse jusqu’au LavoMatik avec Murs Ouverts #39, exposition collective avec plus d’un cinquantaine d’artistes.

Une fois ces deux galeries faites, je reprends la voiture pour me rendre Rue de la Chine dans le 20ème. Rdv dans 1h30 avec une amie d’enfance. Je repars donc à explorer la ville. Cette fois, le 20ème. Je vais, attiré par le nom des rues, la lumière sur certains immeubles, porté par mes jambes. J’emprunte entre autres la rue Pixérécourt, la rue des Rigoles et celle des Pyrénées. Je photographie des œuvres de La Dactylo, Bust the Drip, Olivia Paroldi, Mister Pee, Mosko & Associés, Teuthis, Eugène Barricade, Adey. Un régal pour les yeux.

Je vais tout faire pour m’accorder du temps et reprendre le chemin des interviews d’artiste. Il faut que je finisse ma dédicace pour Philippe Hérard et que j’ose recommencer. Avec le 1er. Cela me ferait tant plaisir d’échanger de nouveau avec Codex Urbanus. Je me dois d’avancer petit pas, petit pas. Une chose est sûre, cette perspective me remplit déjà.

Les 8 « quand »

En parallèle aux 8 « mais » pour ne pas se mettre à l’action évoqués par le Mouvement des Villes en Transition (voir un précédent article), j’avais envie d’explorer un autre pan de nos comportements. Ceux liés à l’information et la communication. Comment agissons-nous face à une information? Comment l’intégrons-nous comme vraie ou fausse? Prenons-nous le temps de la critiquer, de la vérifier? ou la gardons-nous brute? Qui nous l’a transmise et comment? Est-ce que cela impacte ou non notre jugement sur l’information en elle-même? Comment ensuite elle nous affecte? Qu’en faisons-nous? Est-elle une arme que l’on utilise à notre tour, un bouclier derrière lequel se cacher? Arrivons-nous franchement à faire la part des choses? Sommes-nous conscient·e de tout cela?

J’adore cette phrase de Bernard Werber sur la communication : « Entre ce que je pense, ce que je veux dire, ce que je crois dire, ce que je dis, ce que vous voulez entendre, ce que vous entendez, ce que vous croyez en comprendre, ce que vous voulez comprendre, et ce que vous comprenez, il y a au moins neuf possibilités de ne pas se comprendre. » Nous avons tou·te·s des exemples qui viennent illustrer cette phrase tant du point de vue de l’émetteur d’une information que du point de vue du récepteur.

Nous nous sommes tou·te·s dit au moins une fois dans notre vie que si nous avions mieux communiqué, cela aurait été plus facile, plus rapide, plus pratique. A l’inverse, nous avons également vécu une situation où par défaut de communication, parce que l’adversaire avait gardé une partie rien que pour lui, nous nous sommes retrouvé·e·s piégé·e·s. Mais alors pourquoi avons-nous tant de mal à communiquer? Qu’est-ce qui nous bloque? nous paralyse parfois? Pour quelle(s) raison(s) n’entendons-nous pas la totalité du message ? Pourquoi utilisons-nous l’information à notre avantage ?

Depuis des années, voire des décennies, l’information est devenue une expression du pouvoir : qui la détient? qui l’utilise? à quelle(s) fin(s)? Quand une information surgit-elle? Est-elle vérifiable? véridique? authentifiable? authentique? Pourquoi sorte-t-elle à tel moment? Quel(s) intérêt(s) sert-elle? Des théories du complot aux mystères de la vie, des infox aux simples problèmes de communication, des biais cognitifs aux incompréhensions interculturelles, comment faire, comment s’outiller.

Une série de 8 « quand » pour réfléchir avant d’agir, pour trouver l’économie des mots justes, utiles, pour cheminer à la recherche de la vérité :

  • Quand chacun·e donne son avis
  • Quand tu partages plus vite que ton ombre
  • Quand l’infobésité nous submerge
  • Quand certain·e s’improvise journaliste
  • Quand le doute est aux abonnés absents
  • Quand les biais cognitifs font leur propre loi
  • Quand l’énergie est au service de la haine
  • Quand il serait plus sage de se taire

 Êtes-vous prêt·e ? Car après cette lecture, vous risquez de ne plus voir les choses comme avant !

" Il n'y a qu'une chose qui puisse rendre un rêve impossible, c'est la peur d'échouer.  "Paulo Coelho

Le 8ème « mais »

J’ai fait une émission de radio (Adventice #12) il y a un mois dans laquelle j’ai pris le temps de lire « Le pouvoir d’agir ensemble, ici et maintenant » dans lequel Lionel Astruc échange avec Rob Hopkins du mouvement des Villes en Transition. Ce livre est remplit d’énergie. C’est un conte moderne, un récit palpitant qui montre tout l’étendue de ce qu’une communauté peut faire, ce qu’un groupe peut entreprendre pour changer son territoire.

Il y est, à un moment, question des 7 « mais » : éléments paralysants face à l’envie d’agir, véritables obstacles à la mise en mouvement. Ces « mais » sont autant de prétextes pour ne rien faire, autant d’écrans de fumer derrière lesquels se cacher. Il devient plus que nécessaire d’arriver à lever ces différents freins, d’y réfléchir déjà, de trouver le moyen de s’en affranchir. Dans cette période d’incertitude, dans ce moment où le monde est à l’arrêt, nous pouvons saisir l’opportunité qui s’offrent à nous, faire des choix, transformer des choses, déplacer le curseur sur certains sujets. Nous pouvons faire en sorte, avant que la machine soit relancée et s’emballe de nouveau, de la façon dont nous voulons qu’elle soit relancée et s’il est nécessaire ou utile de repartir comme « avant ».

Je souhaite par ce texte apporter ma contribution et me dire que pendant la période de confinement, j’aurai fait ma part. Voici donc matière à penser sur ces 7 enfin 8 « mais ». Cela fait aussi écho à des discussions avec des ami•e•s dont Beatrice qui tient un blog pendant ce confinement (avec de très bons articles à lire et partager)

Et la décence, bordel !!

A nous qui avons le choix de diffuser (ou non) les messages que nous recevons, qui avalons sans les comprendre des tonnes d’informations, qui polluons parfois notre famille, nos ami·e·s de messages non vérifiés.

A elle qui publie sur les réseaux les photos de ces dernières vacances en se demandant quand elle va pouvoir revivre cela, qui pose la question de savoir si elle pourra partir cet été et où.

A ces médias qui font parler des « spécialistes » sur la crise, sur les difficultés de vivre confiné·e, sur l’impact économique de l’épidémie, qui spéculent, qui attisent les tensions, qui cherchent les contradictions, qui angoissent plus que ne rassurent.

A moi qui ne fais pas peut être autant que ce qu’il faudrait, qui présuppose des choses, qui comble certains vides.

A ces entreprises, ces banques qui quand elles font des bénéfices les distribuent en interne aux actionnaires, quand elles font des pertes demandent le soutien de l’état, qui maximisent le profit sur le dos des gens, qui optimisent fiscalement leur capital.

A toi qui as peut-être acheté en ligne une chose non essentielle parce qu’il y avait une promotion, qui a commandé un plat à emporter du p’tit resto que t’aimais tant avec le dilemme de faire appel à un livreur ou non.

A lui qui diffuse sans réfléchir, qui partage une vidéo sans l’avoir même regardée, qui complote parce qu’il y a surement du vrai dans cela, qui se méfie et voit la conspiration dans tout, qui est englué dans ses propres biais cognitifs.

A toutes ces personnes qui vivent super bien le confinement, qui font le show, à s’imposer une discipline d’enfer, à être dans la performance, à dire à qui le voudra (ou pas) qu’il faut faire du sport, du yoga, qu’il ne faut pas se laisser aller, qui donnent des conseils pour tenir bon, pour ne pas avoir le blues.

A lui qui n’a rien trouvé de mieux que détourner des respirateurs pour les vendre dans le marché parallèle ou eux qui se battent à coup de valises de dollars sur le tarmac d’un aéroport chinois pour détourner un avion contenant des masques vers leur pays.

A ces actionnaires qui se votent actuellement une augmentation de leur dividende, qui voient là une opportunité de faire fructifier leur capital.

A toi qui ne sais pas quoi faire du temps que tu as, qui peste contre le reste du monde qui ne changera pas à l’issue de tout ça, qui fait la morale, donne des leçons sur ce qu’il aurait fallu faire, qui pense que personne n’aura mis à profit ce confinement pour changer.

A vous qui êtes confiné·e·s dans une belle maison, avec un jardin et peut-être une piscine, qui pouvez sortir dans un coin de verdure sans avoir sur vous une autorisation dérogatoire et qui trouvez cela quand même compliqué à vivre.

A ces femmes et hommes politiques qui voient se profiler les élections présidentielles, qui disent qu’elles/ils auraient fait bien mieux, qui refont le match et finiront par tirer la couverture vers elles/eux.

A elle qui ne sait pas comment elle va faire pour couper sa frange.

A moi qui juge peut être trop hâtivement.

Pensons à celles et ceux qui vivent le confinement seul·e·s, avec pour compagnie leur reflet dans le miroir.
Pensons à celles et ceux qui sont frappé·e·s de plein fouet, qui connaissent pour la première fois (ou encore une fois de trop) le manque, qui ont recours aux aides alimentaires pour faire face à la situation.
Pensons à celles et ceux qui sont en surnombre dans un appartement trop petit.
Pensons à celles et ceux qui ne pourront pas partir en vacances (et qui ne sont pas parti·e·s depuis des années).
Pensons à celles et ceux qui sont en danger à l’intérieur.
Pensons à celles et ceux qui ont perdu un·e proche sans pouvoir dire « au revoir ».
Pensons à celles et ceux qui se battent pour que tourne la machine, pour que l’on puisse profiter de l’après.
Pensons à celles et ceux qui sont des héros·héroïnes aujourd’hui et qui étaient des invisibles hier.

Plutôt que s’apitoyer sur notre sort, plutôt que de critiquer sans agir, plutôt que se vanter d’en faire déjà largement assez, pourrions-nous relever les défis présents et à venir en collaborant, résoudre les enjeux environnementaux, démocratiques, sociaux de manière apartisane.
Plutôt que de se tirer dans les pattes, plutôt que d’être ennemi·e·s, plutôt que de jouer à la division, pourrions-nous faire ensemble, nous transformer individuellement et collectivement pour le bien de tou·te·s, pour construire les jours heureux.
Plutôt que de désirer toujours plus, plutôt que de vouloir dominer, d’utiliser le pouvoir à des fins personnels, plutôt que d’étaler son argent, pourrions-nous nous satisfaire, retrouver l’essentiel, partager les richesses autrement, vivre en symbiose avec notre planète.
Comme je l’ai écrit précédemment (Saisissons cette opportunité, Après, Réfléchissons et agissons !) il est temps de s’organiser et de faire une (r)évolution !

Saisissons cette opportunité

Le pendant, l’après, peu importe. Avant de spéculer sur ce que sera le monde d’après, il y a déjà à regarder et agir sur celui d’aujourd’hui. Ce qui ne va pas, ce qui mérite d’être renforcé, ce qu’il faut et faudrait changer, ce qui n’a plus de sens, ce qui est inéluctable et nécessite de revoir radicalement la copie. Il est et sera question de faire les choses autrement, de se mettre en transition, de modifier des habitudes plus ou moins ancrées, de choisir la société que l’on veut (j’ose espérer plus juste, plus sobre, plus respectueuse), de défaire certaines parties pour les réorganiser différemment.

Nous avons intérêt, pour certain·e·s besoin, de saisir cette opportunité qu’offre la crise du Covid-19, ce coup d’arrêt mis à l’économie mondiale, ce taquet mis à une croissance qui s’imagine infinie dans un monde aux ressources finies, pour en faire quelque chose d’utile pour tou·te·s, pour faire de ce chaos génésique un renouveau. Car cela pointe du doigt les dysfonctionnements, cela fait resurgir parfois avec violence les inégalités, les disparités entre les personnes, entre les territoires, cela met en lumière les mécanismes d’un capitalisme prédateur, extracteur. Se saisir de cette opportunité pour ne pas oublier les pertes humaines à travers le monde, pour qu’ils/elles ne soient pas parti pour rien.

Commencer par soi. Se regarder dans le miroir et voir ce qui va, ce qui cloche un peu, ce que l’on aime faire, ce que l’on aimerait changer, ce qui permettrait d’être aligné·e, ce qui nous fait vibrer. Pour se faire, certaines personnes vont avoir besoin de temps pour se poser, réfléchir, changer le curseur de place et avancer. D’autres n’en ont pas la possibilité actuellement devant déjà subvenir à leur besoin et ceux de leur proche.

Voilà que frappe comme une double peine cette épidémie, creusant davantage les inégalités, rappelant que se joue en plus de la crise sanitaire, une crise de classe. Avant donc de bougonner, de se plaindre de ne pas savoir où passer les vacances cet été, n’oublions pas que certaines personnes n’en ont pas la chance, ne peuvent tout simplement pas se le permettre. Certaines réflexions sont parfois indécentes et l’égo devrait garder pour lui certaines remarques plutôt que de les étaler sur les réseaux sociaux.

Commencer par soi donc. Se demander ce dont nous avons besoin pour être hereux.euse, pour être en bonne santé, ce que nous pouvons faire, à notre échelle, qui nous fasse du bien, qui soit utile, qui ne nuise pas à autrui. S’appuyer sur nos forces, nos compétences pour les mettre à profit, pour participer à notre manière, faire de notre mieux, petit pas – petit pas, faire notre part de colibris. Mettre en œuvre un changement intérieur et le traduire en actes au quotidien. S’indigner et agir. Ne pas critiquer sans avoir pour but d’apporter une amélioration, ne pas rejeter par principe sans proposer une objection constructive.

Certes il faudra à un moment changer d’échelle. Mais, je le répète, déjà commencer par soi, sa famille, ses proches, ses ami·e·s, être dans un cheminement et se réjouir chaque petite victoire, le partager autour de soi. Puis élargir le cercle, mettre en place des choses dans son immeuble, entre voisins, dans le quartier, dans sa ville. Participer à la vie associative, donner de son temps, son énergie pour des projets collectifs. Montrer par l’exemple qu’il est possible de changer, par exemple de réduire ses déchets, de partager certains outils plutôt que de les acheter, de planter du comestible dans l’espace public, de créer une monnaie locale. Les idées sont là, foisonnantes, réjouissantes. N’attendons pas des autres, faisons !

Une fois cette révolution personnelle enclenchée, en ayant « fait » le tour de soi, puis en s’étant mis à l’action, en se mettant en transition pour mieux être et moins avoir, pour faire ensemble et pas seul, il y aura d’autres marches à franchir. Il faudra s’organiser, dans des groupes plus larges, pour porter plus haut et fort notre voix. Il faudra accompagner les autres aux changements, à la transition et montrer que cela est possible, important, nécessaire. Il sera plus qu’utile de se relier, de partager, d’essaimer les bonnes idées. Il sera primordial de (re)créer des communs, d’apprendre à les gérer. Il faudra trouver d’autres modes de gouvernance, d’autres façons de faire société, de faire humanité, d’autres manières de travailler. Et bien d’autres marches encore que nous aurons à inventer, à créer, à coconstruire ensemble, que nous découvrirons en cheminant.

Voilà pourquoi, au-delà d’y réfléchir, d’échanger et discuter, d’écrire et de vous livrer tout cela, je compte faire ma part. J’ai lancé au début du confinement le projet « En attendant je peux faire quoi?!? » pour répertorier des liens utiles, pratiques, gratuits pour occuper les petit·e·s et les grand·e·s pendant le confinement. Je me suis amusé à enregistrer deux émissions de radio Adventice #12 et Adventice #13 dans lesquelles j’ai lu Le pouvoir d’agir ensemble, ici et maintenant et Le cercle vertueux qui me semblaient d’actualité.

Je veux aujourd’hui lancer un projet d’écriture collaborative pour mutualiser ce qui s’est dit, fait, écrit au sujet de la transition, pour regrouper ce que l’on peut faire pour changer les choses tant face aux enjeux du changement climatique, aux enjeux démocratiques, aux enjeux sociétaux. Un projet pour aider à réfléchir, à agir, à se mettre en mouvement, pour donner à voir, montrer par l’exemple, pour accompagner et donner des clés pour accompagner à son tour. Si une telle entreprise vous intéresse, si vous avez un ou des domaines de prédilection, si vous connaissez autour de vous des personnes qui pourraient prendre part à ce projet, contactez-moi par mail à contact@clementcharleux.com. Je me doute que je ne suis pas le seul, que nous sommes nombreux.euses à avoir envie de ré(v)inventer notre monde, de po(é)sitiver notre quotidien. Peut-être des projets similaires existent ou voient le jour, et tant mieux. Ce qui est sûr aujourd’hui, c’est que j’ai besoin de le faire.